samedi 26 décembre 2015

La famille Middlestein

La famille Middlestein, par Jami Attenberg, 10/18

Ce qu'en dit l'éditeur:

« Mais sincèrement, quel mal y aurait-il à grignoter quelques chips ? »
Bienvenue chez les Middlestein, une famille au bord de la crise de nerfs depuis que Edie, la mère, risque d’y passer si elle ne prend pas au sérieux ses problèmes d’obésité.
Cerise sur le gâteau, le père la quitte pour découvrir à 60 ans les affres du speed dating.
Une trahison impardonnable pour leur célibataire invétérée de fille ; un rebondissement que voudrait bien oublier le fils en fumant son joint quotidien, si sa femme ne s’était pas mis en tête de sauver Edie, quand elle n’oblige pas leurs jumeaux à répéter leur chorégraphie hip-hop pour leur bar-mitsvah.
Une question taraude toutefois les Middlestein : et s’ils étaient tous un peu responsables du sort d’Edie ?
Ma cote d'amour: ***** J'aime

mercredi 23 décembre 2015

Comme des images

Comme des images, par Clémentine Beauvais, Sarbacane

Ce qu'en dit l'éditeur:

« Il était une fois… des ados sages comme des images, dans un très prestigieux lycée. L’histoire commence le jour où Léopoldine a cassé avec Timothée pour Aurélien. Ou bien le jour où Tim a envoyé un mail avec des images de Léo à tout le monde.
C’est ici, dans ce très prestigieux lycée, que tout va se jouer. Léo a une journée pour assumer ces images. Mais il faut vite régler cette histoire pour pouvoir penser à autre chose, aux maths et à la physique, à la première S. Parce qu’on ne plaisante pas avec ces choses-là, par ici. On savait que ça ne serait pas une partie de plaisir. Mais on ne pensait pas que cette journée allait se terminer comme ça, à regarder, en plein milieu de la cour, un corps ensanglanté – tout cassé. »
– Une fable satirique mordante, sur un sujet rare : les beaux quartiers, le monde impitoyable des ados privilégiés… et déshumanisés.
– Tension et dialogues percutants : l’auteure affûte son arsenal, confirme son talent de « conteuse cruelle » et développe un univers très original.
– À travers le portrait de ces ados pervertis par le système de la réussite à tout prix, une réflexion puissante sur l’image et l’identité à l’ère des réseaux sociaux.
Ma cote d'amour: ***** J'aime

lundi 21 décembre 2015

La grande vie

La grande vie, par Christian Bobin, Folio

«Les palais de la grande vie se dressent près de nous. Ils sont habités par des rois, là par des mendiants. Thérèse de Lisieux et Marilyn Monroe. Marceline Desbordes-Valmore et Kierkegaard. Un merle, un geai et quelques accidents lumineux. La grande vie prend soin de nous quand nous ne savons plus rien. Elle nous écrit des lettres.» 

dimanche 20 décembre 2015

Il est de retour

Il est de retour, par Timur Vermes,  10/18

Ce qu'en dit l'éditeur Belfond:

Nous sommes à Berlin en 2011 et il est de retour. Qui ? Hitler. Tout à la fois hilarante et édifiante, une satire virtuose et prophétique sur nos sociétés fascinées par la célébrité et le culte de la personnalité, même si (ou a fortiori ?) ces « people » font, au mieux, preuve d'une bêtise crasse ou, au pire, professent des idées nauséabondes.Succès inouï en Allemagne, traduit dans trente-cinq langues, bientôt adapté au cinéma, Il est de retour est un véritable phénomène. Entre Chaplin, Borat et Shalom Auslander, une satire aussi hilarante que grinçante qui nous rappelle que face à la montée des extrémismes et à la démagogie, la vigilance reste plus que jamais de mise.

Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n'est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L'Allemagne ne rayonne plus sur l'Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c'est une FEMME qui dirige le pays ?
Il est temps d'agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé, par l'odeur du bon client alléchée, est toute prête à lui en fournir une.
La machine médiatique s'emballe, et bientôt le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise...
Hitler est ravi, qui n'en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste à porter l'estocade qui lui permettra d'achever enfin ce qu'il avait commencé...


Ma cote d'amour: *****  Très enthousiaste

lundi 14 décembre 2015

La servante écarlate

La servante écarlate par Margaret Atwood, J'ai lu

Ce qu'en dit le site du cafard cosmique:

Defred est une des servantes vêtues de rouge de la République de Gilead. Elle vit dans un monde en guerre [une guerre de religions], dans une dictature théocratique qui n’a de république que le nom et au sein de laquelle elle n’a pas le droit d’écrire, de lire, de fumer une cigarette, d’échanger des confidences avec le reste du personnel de maison...
Constamment surveillée par les Tantes [sortes de bonnes sœurs sadiques], tout sentiment d’amour lui est interdit car l’amour est puni par la peine capitale.

PRIX ARTHUR C. CLARKE 1987

Une fois par mois, Defred est auscultée par un gynécologue avant de participer à la cérémonie. Le soir-même, après une lecture de la bible, elle se rend dans la chambre de Serena Joy, la femme du commandant. Là, elle s’agenouille sur le lit à baldaquin, pose sa tête contre l’entrejambe de la maîtresse de maison et attend la saillie. Celle-ci lui est prodiguée mécaniquement par le commandant qui vient baiser en levrette la partie inférieure de son corps, sans mot, sans le moindre baiser, sans le moindre sentiment autre que le dégoût, réduisant son corps à une simple machine-outil, niant presque l’existence de son âme.
Après la cérémonie, Defred doit garder la semence en elle au moins dix minutes, histoire de mettre toutes les chances du côté de sa matrice, car tel est son rôle véritable dans la maison du Commandant : elle est une matrice, et la chair et l’esprit qui gravite autour de son utérus ne comptent guère. Defred doit tomber enceinte et enfanter, enfanter dans un monde où la plupart des femmes [Serena Joy en tête de liste] n’y arrivent plus. C’est sa seule fonction et ce devrait être sa seule raison d’être, mais avant d’être servante, Defred avait un autre nom, un homme - Luke - et une petite-fille ; elle avait une vie, dangereuse et parfois palpitante... Avant d’être servante, Defred était une mère, avait des désirs et connaissait le plaisir de l’orgasme. Alors forcément elle vit avec ses souvenirs et l’espoir d’aimer une dernière fois avant de mourir.
La Servante écarlate, publié pour la première fois en 1985 est devenu en vingt ans à peine un classique de la littérature d’anticipation au même titre que 1984 de George Orwell. Ce roman fait partie de ces œuvres déboussolantes dans lesquelles on a du mal à plonger, puis, une fois passée la barrière des cinquante premières pages, le récit devient passionnant : Defred souffre et nous souffrons avec elle... Defred rêve et nous comprenons ses rêves, jusque dans leurs moindres détails. Defred se souvient et peu à peu la République de Gilead se dessine sous nos yeux.
« Alors que nous attendons dans notre file double, la porte s’ouvre et deux autres femmes entrent, toutes deux vêtues de la robe rouge et des ailes blanches des Servantes. L’une d’elles est très manifestement enceinte ; son ventre, sous son vêtement ample se gonfle triomphalement. Il y a un mouvement dans la boutique, un murmure, une échappée de souffles ; malgré nous nous tournons la tête, ouvertement, pour mieux y voir ; nos doigts brûlent de la toucher. Elle est pour nous une présence magique, un objet d’envie et de désir, nous la convoitons. Elle est un drapeau au sommet d’une colline, qui nous montre ce qui peut encore être accompli ; nous aussi pouvons être sauvées. » 

Ma cote d'amour: ***** J'aime

vendredi 11 décembre 2015

Les Outrepasseurs tome 1: Les Héritiers

Les Outrepasseurs tome 1: Les Héritiers, par Cindy Van Wilder, Gulf Stream éditeur

Ce qu'en dit l'éditeur:

Londres, 2013. Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…
Extrait :

— Jure-moi fidélité et je te protégerai. Nous le ferons tous.
— Nous ?
— Les Outrepasseurs. Tous ceux qui portent la Marque. Regarde ces jeunes gens. Voilà ta seule famille, à présent. Vous combattrez ensemble. (Il baissa le ton de sa voix.) Nos adversaires ne s’arrêteront jamais. Les fés nous pourchassent depuis huit siècles. Une éternité pour nous. Un instant pour eux.

Ma cote d'amour: ***** J'aime

Au cœur de ce pays

Au cœur de ce pays, par J-M Coetzee, Le serpent à plumes, Collection Motifs

Ce qu'en dit le Seuil:

Une ferme isolée en Afrique du Sud, au coeur du veld. Un père et sa fille y vivent loin de toute civilisation.
Murée dans sa laideur et sa virginité, Magda ressent à l'égard de son père, autoritaire et morose, une haine amoureuse nourrie de rêveries et de fantasmes.
Lorsque le père met dans son lit la jeune épouse d'Hendrik, le contremaître noir, Magda, en proie à une jalousie délirante, le tue sans tout à fait le vouloir et l'enterre secrètement. Elle tombe alors sous l'emprise d'Hendrik qui la viole et vient la soumettre toutes les nuits, avant de s'enfuir dans la crainte d'être accusé de meurtre. Restée seule, Magda erre dans un étrange pays entre le réel et ses hallucinations. Elle meurt, bras en croix, face au ciel, dans son jardin désertique, hérissé de pierres.
Le verbe illuminé de Magda, d'une force poétique qui emporte tout sur son passage, la torpeur étouffante des jours et des nuits, la violence et la peur au centre de ce huis-clos tragique créent un climat auquel il est difficile d'échapper. C'est celui des relations de maître à esclave, des rapports entre Blancs et Noirs.
Dans ce premier roman, J. M. Coetzee a su, avec une folle assurance et un oeil infaillible, faire d'une histoire d'amour et de vengeance le miroir de l'expérience coloniale.

Ma cote d'amour: *****J'aime

vendredi 13 novembre 2015

Le mystère de la tête d'or, tome 3: Le fantôme de Cybèle

Le mystère de la tête d'or, par Catherine Cuenca, Gulf Stream éditeur
Tome 3: Le fantôme de Cybèle

Ce qu'en dit l'éditeur:

Alors que la Tête d’Or a été retrouvée et est exposée dans un musée, Jeannot, Riri et Céleste rencontrent un homme mourant dans les ruines d’un amphithéâtre romain.

Celui-ci a juste le temps de leur délivrer un mystérieux message au sujet d’un trésor caché dans la presqu’île. Dans le voisinage, les langues se délient. Certains évoquent la dame blanche de Cybèle pour expliquer la mort de cet inconnu. Cette femme serait une déesse romaine dont le temple aurait été détruit. Malgré la crainte que leur inspire cette légende, les trois adolescents s’embarquent dans une nouvelle quête. Ce qu’ils vont découvrir va remettre bien des certitudes en question.

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste

vendredi 6 novembre 2015

Le mystère de la tête d'or tome 2: l'énigme du grenat perdu

Le mystère de la tête d'or, par Catherine Cuenca, Gulf Stream éditeur
Tome 2: l'énigme du grenat perdu

Ce qu'en dit l'éditeur:

Chaque nuit, un mendiant erre sans but dans les ruelles de Lyon. Il erre ainsi depuis des siècles. C’est sa punition. Une punition pour la faute qu’il a commise : avoir volé un grenat d’une valeur inestimable à un pape.

Une légende pour faire peur aux enfants qui veillent trop tard, mais Jeannot n’a plus l’âge de croire à ces fadaises. Quoique… Après tout, ce qu’il tient dans la main n’est-il pas un grenat, comme l’affirme le père Ennemond ? Et n’est-ce pas un ivrogne qui le lui a donné en pleine nuit, dans une allée sombre de la cité ? Dans le doute, Jeannot préfère se débarrasser du précieux caillou en le revendant à un bijoutier… qu’on retrouve mort le lendemain. Malédiction ou coïncidence ? C’est ce que l’adolescent, flanqué de son cousin Riri et de son amie Céleste, va tenter de découvrir.

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste

vendredi 30 octobre 2015

Le mystère de la tête d'or. Tome 1: Le trésor de l'Isle

Le mystère de la tête d'or, par Catherine Cuenca, Gulf Stream éditeur
Tome 1: Le trésor de l'Isle

Ce qu'en dit l'éditeur:

Un trésor dans les ruines du sinistres château de l'Isle ?

Si Jeannot et son cousin Riri mettaient la main dessus, ils pourraient acheter sans limite les délicieuses pâtisseries du père Lambert et s’offrir une vie à l’abri du besoin. Seul problème, mais de taille : le comte de l’Isle, guillotiné pendant la Révolution, hanterait encore les murs de son ancienne demeure.
Aidés par Céleste, une jeune fille rencontrée par hasard dans les marais, et guidés par les indications d’un énigmatique poème, Jeannot et Riri se décident à braver tous les dangers. Mais le trio ignore que la mort frappe tous ceux qui s’intéressent de trop près au fameux trésor.

Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

mercredi 28 octobre 2015

Pinocchio

Pinocchio, par Carlo Collodi, illustré par Nathalie Novi, Rue du Monde

Ce qu'en dit la 4ème de couverture:

Né d'un morceau de bois entre les mains du vieux Gepetto, Pinocchio n'est qu'une marionnette qui, bien vite, galope sur mes chemins de la liberté. D'aventures en découvertes, il affronte des brigands, visite le pays des Jouets, s'émerveille devant la Fée bleue. Il est même transformé en âne avant d'être avalé par une baleine... pour devenir un véritable enfant.

Ma cote d'amour: ***** Bibliothèque idéale

vendredi 23 octobre 2015

Là où tombent les anges

Là où tombent les anges, par Charlotte Bousquet, Gulf Stream éditeur, collection Electrogène

Ce qu'en dit l'éditeur:

Trajectoires de femmes pendant la guerre de 14-18. Solange se réfugie à Paris afin d'échapper à la violence de son père. Moins entreprenante que son amie Lili, elle ne cherche pas à monter sur scène mais se réfugie dans un atelier de couture où elle rencontre Clémence.

Le hasard l'amène à fréquenter Robert, un banquier, qu'elle va accepter d'épouser, se privant ainsi de sa liberté. Son rôle se limite à escorter son époux lors de ses sorties et de veiller sur sa vieille tante aigrie éprise de musique.


Mais la guerre éclate et envoie tous les hommes sur le front, redistribuant les cartes et les rôles, elle chamboule les vies et remodèle une société nouvelle. Solange, en l'absence de Robert, reprend goût à l'existence et devient par ses écrits un porte parole de la voix des femmes...

Magnifiques portraits de femmes entrecroisés d'articles sur l'époque et de lettres des protagonistes. Le choix de suivre trois femmes offre un livre rare et vrai sur leurs vécus, leurs espoirs et leurs luttes.

Charlotte Bousquet nous plonge dans des milieux très différents, de la simple ouvrière à l'aristocrate en passant par la petite bourgeoise, comme pour mieux montrer que leur combat traverse les strates de la société.

Cela lui permet aussi de faire foisonner à l'intérieur de ce roman un nombre important de références littéraires mais aussi musicales. On s'amuse à redécouvrir avec les personnages les ouvrages qui évoquent souvent le voyage, la fuite et l'ailleurs.

Ils représentent en quelque sorte le seul échappatoire de leur vie misérable ou rachitique. Mais c'est bien la vie quotidienne qui est ainsi mise en avant par contraste. On aime, on tremble, on s'inquiète avec les héroïnes.

En plus des trois personnages principaux, une multitude de figures sont esquissées de la putain  pour les troupes du front, à la bonne de famille en passant par les artistes... L'auteur dresse un panorama complet de ce que pouvait être une femme en 14-18. 

Ma cote d'amour: ***** Très enthousiaste


mercredi 21 octobre 2015

La porte de la salle de bain

La porte de la salle de bain, par Sandrine Beau, éditions Talents Hauts

Ce qu'en dit l'éditeur:

Mia a les seins qui commencent à pousser et elle souhaite maintenant pouvoir se laver sans être susceptible d'être vue et regardée.

Mais à sa pudeur sa mère lui oppose le danger d'une porte qui se bloque et lui interdit de s'enfermer dans la salle de bain.

Le malaise de la jeune fille s'amplifie au fur et à mesure que le temps passe. C'est alors que Lloyd, le compagnon de sa mère, sans travail et toujours à la maison, prend l'habitude de rentrer alors que Mia est en train de se doucher...

A l'aide de chapitres courts et de situations simples, l'auteur construit un roman qui évoque avec justesse et précision la peur des enfants qui voient leur corps se transformer et doivent affronter le regard des adultes.

Mia est confrontée à l'indicible, comment parler avec sa mère qu'elle sent fragile, d'une situation qui la rend mal à l'aise ?

Un roman qui révèle l'importance de respecter la pudeur et la retenue des jeunes enfants. De les laisser rapidement se laver tout seul et de leur accorder le droit au respect de leur corps.

Un livre fort, qui monte crescendo et qui met en scène une situation qui dérape... Que le beau-père soit ou non un voyeur peu importe, c'est la prise en compte du ressenti de l'enfant qui importe.

Ma cote d'amour: ***** J'aime bien

mardi 20 octobre 2015

La belle rouge

La belle rouge, par Anne Loyer, Editions Alice Jeunesse

Ce qu'en dit l'éditeur:

Marje est camionneuse depuis 25 ans. Avec son beau camion rouge, elle sillonne les routes de France et d'ailleurs. Rien ni personne ne pourra mettre fin à sa passion de rouler. Entre son camion et elle, c'est une grande histoire d'amour. Kader va avoir 16 ans. Il n'a jamais connu son père et a été abandonné par sa mère lorsqu'il avait 7 ans. Après plusieurs familles d'accueil et des ennuis avec la justice, il vit dans un centre d'éducation renforcée pour mineur. C'est un rebelle, une vraie tête brûlée qui n'a qu'une envie : se faire oublier. Malheureusement ça ne fonctionne pas. Après avoir reçu une lettre de sa maman, Kader décide de fuguer. Il se retrouve sur une aire d'autoroute et monte dans un camion laissé ouvert. C'est celui de Marje. D'abord très contrariée par cet intrus qui chamboule son quotidien bien huilé, elle le prend finalement en pitié et accepte de le garder pour un bout de route. Ce voyage en huis-clos va les amener à se confier : Marje sur son fils qui a fugué et qu'elle n'a plus revu et Kader sur sa mère qu'il veut rejoindre à Alger. Au final, Marje laissera Kader à Marseille avec un billet pour qu'il aille retrouver sa mère avant de donner des nouvelles aux éducateurs qui le cherchent.

Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

dimanche 18 octobre 2015

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, par Harper Lee, Le livre de poche

Ce qu'en dit l'éditeur:

Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, connut un tel succès.
Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court storyaméricaine et du roman initiatique. Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.

 Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

lundi 12 octobre 2015

La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao

La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao par Junot Diaz, 10/18

Ce qu'en dit l'éditeur Plon:

Oscar est énorme. Au fond de la classe, isolé et définitivement hors du coup, il rêve de filles et d'aventures et ne récolte que des déceptions. La seule chose qu'il sait faire, c'est écrire et lire des histoires fantastiques. Exilé dans sa banlieue du New Jersey, il rêve de devenir le Tolkien dominicain. Mais le drame, chez Oscar, est un trait de famille. 

Sa brève et merveilleuse vie est frappée au fer rouge d'une malédiction ancestrale: le fukú. Partie de Saint-Domingue, cette tragédie se transmet de génération en génération, comme une mauvaise graine. La saga familiale nous mène ainsi de Belicia, la mère, fuyant son île dominicaine, à ses enfants, Lola, la fugueuse, et son frère Oscar, dont les pas reviennent inexorablement aux origines. Honte à la réputation virile et macho des hommes dominicains, Oscar porte là-bas sa virginité tardive comme un fardeau. Ce n'est pourtant pas sa honte qui le tuera. 

Nourrie des destins de ses aïeux brisés par la torture, la prison, l'exil et les amours impossibles, l'histoire d'Oscar s'écrit, fulgurante et désastreuse. Et rejoint la grande Histoire, celle de la dictature de Trujillo, de la diaspora dominicaine aux États-Unis, des promesses avortées du rêve américain. 

Ma cote d'amour: *****Non!

dimanche 11 octobre 2015

Le général de l'armée morte

Le général de l'armée morte par Ismaïl Kadaré, Le livre de poche

« ...Et puis, ces derniers temps, il m'arrive quelque chose d'étrange. Dès que je vois quelqu'un, machinalement je me mets à lui enlever ses cheveux, puis ses joues, ses yeux, comme quelque chose d'inutile, comme quelque chose qui m'empêche même de pénétrer son essence, et j'imagine sa tête rien que comme un crâne et des dents (seuls détails stables). Vous me comprenez ? J'ai l'impression de m'être introduit dans le royaume du calcium. »

Vingt ans après la guerre, le général est arrivé en Albanie, imbu de sa grandiose mission: rapatrier les corps de ses compatriotes italiens, tombés au champ d'honneur.
Accompagné d'un prêtre, d'un expert et de quelques ouvriers albanais, il erre à travers les montagnes, ses listes de morts à la main. Il pleut, il vente, la population le suit d'un regard hostile, les ossements lui chuchotent tout autre chose que ce qu'il attendait.. Son assurance ébranlée, il est presque tenté de réfléchir...

Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

jeudi 8 octobre 2015

L'étourdissement

L'étourdissement par Joël Egloff, Folio

Ce qu'en dit l'éditeur Buchet Chastel:

Un abattoir près d’une zone et d’un aéroport. C’est là qu’il habite avec sa grand-mère, dans une maison délabrée. Comme tout le monde, ici, il a la chance de travailler. Avec son ami Bortch, il se rend tous les jours à l’abattoir. Saigner le cochon n’est vraiment pas sa vocation. Mais il est bien obligé de tuer pour vivre. Il faut reconnaître que tout ça a aussi des bons côtés. S’il s’y prend bien, en douce, il peut voler des morceaux de viande premier choix pour sa grand-mère. Et puis, c’est à l’abattoir qu’il est tombé amoureux. C’est là qu’il a rencontré l’institutrice qui venait avec ses élèves chaque semaine. Il n’a pas su lui parler, elle n’a jamais su, mais il s’en souvient. C’était du bon temps. Et même s’il n’est déjà plus le même, aujourd’hui, il a encore des rêves. Il en parle avec son ami Bortch. Par exemple, il aimerait partir. Il aimerait voir comment c’est, ailleurs. Mais comment s’y prendre ? Comment sortir d’ici ? Et, finalement, est-on si certain qu’il y ait un ailleurs ?
Un humour irrésistible, qu’illumine une réelle poésie, fait le charme de ce roman circulaire – il n’y a pas de fin, il n’y a pas d’issue. Le lecteur retrouvera l’univers décalé de Joël Egloff. Mais l’écriture reste délicate, et l’on se prend à rire de notre destin.
Prix du Livre Inter 2005.

Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

mercredi 7 octobre 2015

Plus de morts que de vivants

Plus de morts que de vivants par Guillaume Guéraud, éditions du Rouergue

Ce qu'en disent les librairies sorcières:

Dernier vendredi avant les vacances de février…

Les élèves et l'équipe pédagogique du collège Rosa Parks de Marseille s'apprêtent à passer une journée que personne n'oubliera.

Dès le début des cours, et sans aucun signe annonciateur, un virus foudroyant commence son travail implacable.
Des cheveux tombent. Du sang coule. Des os se brisent. Des gens meurent. Les élèves et les enseignants. Les adultes et les gamins. Le virus ne fait aucune distinction, n'aura aucun scrupule.

Ils tombent. Un à un. Mais pas tous. Pas tout de suite.

"[...] la peur au sens propre, dans tout ce qu'elle a d'effroyable, il ne la connaissait pas encore, la véritable peur, pas la crainte ridicule qui retenait un garçon de sortir avec une fille, mais la peur qui hérissent les chairs et qui broie les os, il la découvrirait plus tard et il se rendrait alors compte que celle-là ne valait rien, mais tout ça il l'ignorait encore, alors il ne dit rien, juste parce qu'il était trop timide ou trop con."

Guillaume Guéraud a un don. Il écrit des romans terrifiants, et il les écrit merveilleusement bien. Avec violence, avec poésie, sans détour et sans langue de bois. Il aligne les mots à la mitraillette tout en nous ménageant des îlots d'humanité. Mais que l'on ne s'y trompe pas. Il n'y a pas de garantie de "bonne" fin dans ses romans. Tout peut arriver. Absolument tout...

Ultra gore et flippant de réalisme, ce roman est tout à la fois brutal et jouissif et nous offre en prime une belle réflexion autour du traitement médiatique de l'actualité. On ajouterait bien: ÇA DÉCHIRE GRAVE !!! Mais on ne voudrait pas spoiler le bouquin...!

Soizic et Vanessa, librairie Page d'Encre à Amiens. 

Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

mardi 6 octobre 2015

Le piano dans le jardin

Le piano dans le jardin par Marc Baron, éditions bulles de savon

BRÈVE PRÉSENTATION PAR L'ÉDITEUR

C'est la fête de la musique. Titepuce et son père, Jean-Sébastien, professeur de piano, décident d'organiser, pour les voisins, un concert dans le jardin. Heureusement qu'Agathe, la mère de Titepuce, n'est pas là, car elle ne serait pas d'accord. Mais sortir un piano à queue, c'est une expédition !
Ma cote d'amour: *****J'aime bien

vendredi 2 octobre 2015

Mon cher petit coeur

Mon cher petit cœur par Agnès de Lestrade, éditions bulles de savon

Ce qu'en dit l'éditeur:

C’est l’histoire d’une petite fille dont le cœur va être transplanté. Elle se pose bien sûr beaucoup de questions : qui va me donner son cœur ? Vais-je m’y attacher comme au premier ? Est-ce que ce nouveau cœur aimera aussi Léopold ?
Un roman attachant pour les enfants qui commencent à lire tout seuls.
Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

Une brève histoire du tracteur en Ukraine

Une brève histoire du tracteur en Ukraine par Marina Lewycka, J'ai lu

Ce qu'en dit le Point:

Voilà un premier roman comme on les aime, inattendu, désopilant, complètement loufoque, signé de la main d'une très sérieuse auteure qui jusqu'ici n'avait publié que des essais non moins sérieux sur les personnes âgées... Il faut croire qu'à plus de 60 ans, Marina Lewycka est restée bien jeune dans l'âme, et que ses histoires de seniors commençaient un peu à l'ennuyer, car ce petit livre plein d'humour et de fraîcheur est d'une modernité étonnante. Et la comédie lui va très bien, à cette drôle de dame, puisque sa Brève histoire du tracteur en Ukraine, qui comme son nom ne l'indique pas n'est pas un manuel agricole version pays de l'Est, mais l'histoire de deux sœurs sans pitié parties en guerre contre une belle-mère un peu trop jeune et un peu trop ukrainienne pour être honnête (le père ayant 85 ans), s'est vendu en Angleterre à plus d'un million et demi d'exemplaires.
Ma cote d'amour: *****J'aime bien

mardi 22 septembre 2015

Rédemption

Rédemption par Matt Lennox, Le livre de poche

Ce qu'en dit l'éditeur Albin Michel:

Dans la veine des films de James Gray ou des romans de Dennis Lehane,Rédemption marque les formidables débuts d’un jeune auteur canadien. Matt Lennox explore dans ce roman d’une beauté sombre et puissante les secrets d’une petite ville enfermée dans ses préjugés.
Après dix-sept années passées dans une prison de haute sécurité, Leland King revient dans sa ville natale de l’Ontario, où sa mère est en train de mourir. Quel crime a-t-il commis pour avoir été aussi longtemps privé de liberté ?
Pete, son neveu, né pendant sa détention, l’ignore et ne s’en soucie guère. Mais, dans ce patelin où l’on ne vénère que Dieu et la loi, il est bien le seul : personne n’a vraiment pardonné à Leland son passé criminel. Surtout pas Stan Maitland, un flic à la retraite, qui ne peut s’empêcher de voir un lien entre le retour du « hors-la-loi » et la récente découverte du cadavre d’une jeune femme dans une voiture abandonnée… Il faudra bien, un jour ou l’autre, que Pete affronte la terrible vérité.

« Un roman magistral sur le crime, le besoin d’expiation, le coût de la loyauté et l’amour de la famille. »
David Adams Richards

Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

samedi 19 septembre 2015

La condition pavillonnaire

La condition pavillonnaire par Sophie Divry, J'ai lu

Ce qu'en dit l'éditeur Notabilia:

La Condition pavillonnaire nous plonge dans la vie parfaite de M.-A., avec son mari et ses enfants, sa petite maison. Tout va bien et, cependant, il lui manque quelque chose. L’insatisfaction la ronge, la pousse à multiplier les exutoires : l’adultère, l’humanitaire, le yoga, ou quelques autres loisirs proposés par notre société, tous vite abandonnés. Le temps passe, rien ne change dans le ciel bleu du confort. L’héroïne est une velléitaire, une inassouvie, une Bovary… Mais pouvons-nous trouver jamais ce qui nous comble ? Un roman profond, moderne, sensible et ironique sur la condition féminine, la condition humaine.
Mention spéciale du jury du Prix Wepler-Fondation La Poste 2014

Ma cote d'amour: *****J'aime bien

mardi 15 septembre 2015

De sang-froid

De sans-froid par Truman Capote, Folio

Ce qu'en dit l'éditeur:

«Il était midi au coeur du désert de Mojave. Assis sur une valise de paille, Perry jouait de l'harmonica. Dick était debout au bord d'une grande route noire, la Route 66, les yeux fixés sur le vide immaculé comme si l'intensité de son regard pouvait forcer des automobilistes à se montrer. Il en passait très peu, et nul d'entre eux ne s'arrêtait pour les auto-stoppeurs... Ils attendaient un voyageur solitaire dans une voiture convenable et avec de l'argent dans son porte-billets : un étranger à voler, étrangler et abandonner dans le désert.»


En 1960, Truman Capote, vedette de l'intelligentsia new-yorkaise et auteur deux ans plus tôt du très célébré Petit Déjeuner chez Tiffany, décide de mettre en œuvre une théorie qui lui est chère : celle du « nonfiction novel », le roman tiré de faits réels. Il lit dans leNew York Times quelques lignes sur l'assassinat des quatre membres d'une famille de fermiers du Kansas pour un butin dérisoire (50 dollars) et se rend sur place. Il enquêtera longtemps, rencontrera les deux criminels, Dick Hickock et Perry Smith, pour qui il éprouve de très troubles sentiments, et les accompagnera jusqu'à leur exécution, en avril 1965. Son livre, De sang-froid, sortira en janvier 1966. C'est un énorme succès, qui apporte à Capote gloire et fortune et crée un genre qu'illustreront à leur tour Norman Mailer ou Joyce Carol Oates.
 Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

samedi 12 septembre 2015

Chien pourri à Paris

Chien Pourri à Paris, écrit par Colas Gutamn, illustré par Marc Boutavant, collection "Mouche" de l'école des loisirs

Ce qu'en dit l'éditeur:

Chien Pourri et son ami Chaplapla en ont assez de jouer au Monopourri sur leur vieille serpillière. Pourquoi n’iraient-ils pas visiter Paris, si un camion-poubelle veut bien les prendre en stop ? À eux les merveilles de la capitale, ils vont toutes les visiter, de Notre-Drame au métropolichien, sans oublier les égouts, bien sûr…

Comme tout Parisien qui se respecte, Colas Gutman connaît bien le métro mais n’a jamais mis les pieds sur la tour Eiffel ou un bateau-mouche.
Son Chien Pourri flanqué de Chaplapla visite la capitale et vit une histoire qui finit bien car
« je leur en fais tellement baver que ce ne serait pas possible autrement ».

Marc Boutavant se prend-il pour Chien Pourri (ou Chaplapla) ? Il aime la déchetterie des Peupliers, flâner dans les marchés et y chercher une tête de poisson ou une patte
de poulet échouées. Pour les besoins de cette nouvelle aventure, l’illustrateur a trouvé
très chouette de se plonger dans les ruelles de Montmartre.

Ma cote d'amour: *****J'aime bien

vendredi 11 septembre 2015

Mille femmes blanches


En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart vient en réalité des pénitenciers et des asiles... L'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption...

« Un roman splendide, puissant et engagé. »Jim Harrison

Cet ouvrage a reçu le prix Premier roman étranger

Jim FERGUS
Jim Fergus est né à Chicago en 1950 d'une mère française et d'un père américain. Il vit dans le Colorado. Journaliste réputé, il écrit des articles sur la gastronomie, la chasse, la pêche et la nature dans les magazinesNewsweekThe Paris Review,
Esquire sportmenOutdoor Life, etc. Il est l'auteur de deux ouvrages consacrés à ses souvenirs, de chasse notamment, Espaces sauvages (2011) et Mon Amérique (2013). Après son premier roman Mille femmes blanches (2000), vendu à près de 400 000 exemplaires en France, salué par l'ensemble de la critique américaine et dont les droits ont été achetés par Hollywood, il a publiéLa Fille sauvage (2004), Marie-Blanche (2011) etChrysis (2013, repris chez Pocket sous le titre Souvenir de l'amour). Tous ses ouvrages ont paru au Cherche Midi éditeur
Mille femmes blanches par Jim Fergus, Pocket
Ma cote d'amour: ***** Bibliothèque idéale

samedi 5 septembre 2015

2084, la fin du monde

2084, la fin du monde, par Boualem Sansal,

Collection Blanche, Gallimard
Publication date: 20-08-2015
Ma cote d'amour: *****Très enthousiaste

mardi 1 septembre 2015

L'épuisement

L'épuisement, par Christian Bobin, Folio

Ce qu'en dit l'éditeur Le temps qu'il fait:

Le livre

«Nous sommes moins seuls que nous l’imaginons. Nous sommes si peu seuls qu’un des vrais problèmes de cette vie est de trouver notre place dans les présences environnantes — écarter les morts sans les froisser, demander aux vivants ce rien de solitude nécessaire pour respirer. Dans la logique du monde, on ne peut faire sa place sans aussitôt prendre la place d’un autre. Mais on ne fait pas plus sa place qu’on ne fait sa vie : on trouve l’une et l’autre, et le sentiment de cette trouvaille inespérée c’est la joie même.»
L’auteur


Né en 1951 au Creusot où il vit, Christian Bobin a publié depuis 1977 une cinquantaine de titres qui lui valent de nombreux lecteurs inconditionnels. L’épuisement, constamment réimprimé depuis sa parution à nos éditions en 1994, était épuisé depuis quelques années.

Extrait

L’ombre d’un oiseau m’est apparue il y a dix ans, en devanture du magasin d’un encadreur : un détail dans un tableau, un oiseau d’encre de Chine. Son envol tout de grâce et de nerfs a arrêté mes pas un jour comme celui-ci, un jour d’automne. Je suis immédiatement tombé amoureux de sa puissance d’arrachement et de la grande ouverture de ses ailes. Je suis entré chez l’encadreur, j’ai acheté le tableau. Chez moi je l’ai laissé au ras du sol, appuyé sur une pile de livres. Je n’ai jamais su mettre quelque chose sur un mur. Depuis que je suis dans cet appartement, même si dix ans ont passé, j’ai l’impression que je peux être appelé à en partir du jour au lendemain, alors à quoi bon s’installer ? J’ai gardé le papier peint que j’ai trouvé en entrant, un papier affreux, même dans les salles d’attente des dentistes on n’en voit plus comme ça, je l’ai laissé pour la même raison de négligence, pour cette gaieté de vivre comme si mourir devait être demain. La vie durable, la vie avec plan de carrière et traites sur vingt ans, je n’y crois pas. Je ne crois qu’à son contraire — l’éternité. Ce papier peint est donc seul, sans rien dessus, on dirait des taches de café sur le mur, passagèrement là depuis dix ans. Les adolescents sont les personnes qui mettent le plus de choses sur les murs. Des photos et des mots. C’est que l’adolescence est un temps où on est sans visage clair. L’ancien visage princier d’enfance est fané, du moins on croit qu’il est fané et ça revient au même. Le nouveau visage, celui de l’homme ou de la femme qu’on sera, n’est pas encore disponible, et on n’est pas sûr d’en vouloir. Alors on cherche au dehors dans les revues, dans les photos d’acteurs, de chanteurs ou de sportifs, on essaie des visages comme on essaie des vêtements, aucun ne va, tant pis, on recommence, on déchire, on découpe, on finira bien par trouver. C’est une recherche qui prend un temps fou. C’est une recherche qui connaît de longs temps de repos. Un jour on quitte les parents, ou l’argent vient et on est adulte — c’est-à-dire on imite les adultes, ce qui fait qu’on en devient un. On ne colle plus d’affiches ni de phrases sur un mur, on accroche quelques reproductions de peintures. On croit ne plus chercher un visage, on le cherche encore sans savoir : quand on lit Shakespeare ou quand on contemple une couleur dans le ciel, c’est toujours avec l’espérance d’y trouver notre vrai visage. Quand on tombe amoureux c’est pareil, sauf que là on est au plus près de découvrir enfin la pureté de nos traits, là, sur le visage d’un autre. Ce qui nous incite à chercher c’est l’espérance et elle est inépuisable, même chez le plus désespéré des hommes. Personne ne peut vivre une seconde sans espérer. Les philosophes qui prétendent le contraire, qui parlent de sagesse et ne font entendre que leur résignation à vivre une vie sans espérance, ces philosophes se mentent et nous mentent. Même celui qui va se pendre, dit Pascal, a l’espérance d’un mieux être : s’il accroche une corde à une poutre c’est parce que la pendaison est soudain devenue l’unique figure du bonheur. Celui qui médite de se pendre a la croyance qu’il va ainsi respirer mieux et il espère encore : l’espérance, dans l’âme, est au principe de la respiration comme de la nourriture. L’âme a, autant que le corps, besoin de respirer et de manger. La respiration de l’âme c’est la beauté, l’amour, la douceur, le silence, la solitude. La respiration de l’âme c’est la bonté. Et la parole. Dans la prime enfance tout rentre par la bouche. L’enfant en bas âge prend l’air, la parole, le pain, la terre, il prend tout ça avec ses doigts et il colle ses doigts contre sa bouche et il engloutit l’air, le pain, la terre. Et la parole. Il y a une immédiateté charnelle de la parole. Il y a une présence physique de l’âme, donnée par la parole quand elle est vraie.


 Ma cote d'amour: ***** Bibliothèque idéale

lundi 31 août 2015

La fille

La fille par Tupelo Hassman, 10/18

Ce qu'en dit l'éditeur:

C’est sur ce terrain pour caravanes, à Reno, que Rory Dawn Hendrix vit avec sa mère, barmaid au Truck Stop.
Si elle se révèle étonnamment hardie, Rory Dawn demeure toutefois une petite fille vulnérable, qui doit sans cesse combattre les mauvais penchants de sa mère. Tout cela alors qu’elle-même, prodige en orthographe, n’aspire qu’à lire et à écrire...
C’est à partir des pages de son journal intime, de lettres de sa grand-mère, de souvenirs, de rapports d’assistantes sociales ou encore d’avis de la Cour suprême des États-Unis que Rory Dawn bricole un texte-collage magistral. Surgissent ainsi en filigrane les personnalités originales et tendres d’une famille décomposée à l’extrême, de même que les non-dits qui frappent une communauté rarement évoquée.
 Ma cote d'amour: *****

dimanche 30 août 2015

Les royales baby-sitters: t.1, Les bébés, ça pue!

Les royales baby-sitters, t 1: les bébés, ça pue
De Clémentine Beauvais, illustré par Becka Moor
Hachette romans, à partir de 8 ans.

Ce que dit la quatrième de couverture:

Il était une fois deux sœurs, Anna et Holly, qui cherchaient un petit travail pour se payer des super-grandes vacances. Par exemple... baby-sitters!
Il était une fois, dans le même pays, un roi et une reine qui avaient décidé de prendre des vacances.
Il était une fois, donc, Anna et Holly qui gardaient les enfants du roi et de la reine partis une journée.
Mais il peut s'en passer, des choses, en une journée, quand vous avez six affreux petits chéris à surveiller, un prince plus-trouillard-tu-meurs, et un ennemi juré à affronter!

Ma cote d'amour: *****

vendredi 28 août 2015

Les évaporés

Les évaporés par Thomas B. Reverdy, J'ai lu

Ce qu'en dit l'éditeur Flammarion:

Ici, lorsque quelqu'un disparaît, on dit simplement qu'il s'est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu'il n'y a pas de crime, ni la famille parce qu'elle est déshonorée. Partir sans donner d'explication, c'est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on s'évaporer si facilement ? Et pour quelles raisons ? C'est ce qu'aimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme qu'il aime encore, il mènera l'enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San'ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait : pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître ? Les évaporés se lit à la fois comme un roman policier, une quête existentielle et un roman d'amour. D'une façon sensible et poétique, il nous parle du Japon contemporain, de Fukushima et des yakuzas, mais aussi du mystère que l'on est les uns pour les autres, du chagrin amoureux et de notre désir, parfois, de prendre la fuite.

Ma cote d'amour: *****

samedi 22 août 2015

La langue d'Altmann

La langue d'Altmann par Brian Evenson, 10/18

Ce qu'en dit Le Cherche Midi éditeur:

«La Langue d'Altmann m'a bouleversé par sa puissance, par sa langue, son style inhabituel, par sa violence et la force de ses mots. J'admire ce livre ! »
Gilles Deleuze


« J'avais eu raison de tuer Altmann, pensai-je. Entre tuer et ne pas tuer Altmann, j'avais choisi la première solution et ce choix, en fait, était le bon. Nous passons notre vie à faire en permanence des choix. Il existe des gens, comme Altmann, pour lesquels, quand vous leur avez tiré une balle dans le crâne, vous savez que vous avez agi correctement. Ce sont les gens comme Altmann qui font que tout le reste a un sens, pensai-je, alors que des gens comme Horst, une fois tués, ne font qu'ajouter à la confusion. Le monde est peuplé d'Altmann et de Horst, les premiers, il convient de les truffer de plombs à la première occasion, les autres, on doit peut-être les tuer, peut-être pas : qui le sait ? »

La Langue d'Altmann est une plongée dans un univers absurde et cruel, régenté par un Dieu aveugle, où les hommes n'ont de cesse d'explorer à leur corps défendant les limites de l'inhumanité. Avec ce premier livre publié en 1994, Brian Evenson se pose d'emblée en grand architecte du bizarre. 

« Une terrible puissance combinée à un humour ravageur. »
Le Monde


Ma cote d'amour: *****